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Scarabée, serpent, hibou : la symbolique des bijoux animaux de l’Égypte ancienne à nos jours

Avatar de Margaux Lefebvre

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On choisit rarement un bijou animalier au hasard. Ce hibou en chevalière, ce serpent qui s’enroule au doigt, ce scarabée gravé sur une bague : chacun porte une charge symbolique qui traverse les civilisations, de l’Égypte ancienne jusqu’aux vitrines des grandes maisons de joaillerie. Voici, animal par animal, ce qui se cache derrière ces motifs que je collectionne depuis toujours.

Le scarabée : la résurrection en pierre gravée

Dans l’Égypte ancienne, le scarabée n’est pas un simple insecte décoratif : il incarne Khépri, le dieu du soleil levant, associé à l’idée de renaissance et de transformation perpétuelle. Les scarabées gravés servaient d’amulettes protectrices, glissés dans les bandelettes des momies ou portés comme sceaux. Le département des Antiquités égyptiennes du Louvre conserve d’ailleurs une collection remarquable de scarabées funéraires et de bijoux ornés de ce motif, aujourd’hui exposés à Paris. Le scarabée reste, aujourd’hui encore, l’un des motifs animaliers les plus repris en haute joaillerie précisément pour cette promesse de renouveau.

Le serpent : sagesse, éternité et un peu de danger

Le serpent est sans doute l’animal aux symboliques les plus contradictoires en bijouterie. En Égypte, l’uræus, cobra dressé sur le front des pharaons, symbolise la protection royale et le pouvoir divin. Mais c’est surtout la figure de l’ouroboros — ce serpent qui se mord la queue, formant un cercle parfait — qui a traversé les siècles comme symbole d’éternité et de cycle infini, repris aussi bien dans l’alchimie que dans la joaillerie romantique du XIXe siècle, où l’on offrait des bagues serpent en gage d’amour éternel.

Le hibou : le veilleur silencieux

Moins présent dans l’iconographie égyptienne proprement dite qu’on ne le croit — il y figure surtout comme hiéroglyphe, représentant le son « m » dans l’écriture ancienne —, le hibou doit sa réputation de sagesse à la Grèce antique, où il accompagne Athéna, déesse de la sagesse et protectrice d’Athènes. En bijouterie, le hibou évoque aujourd’hui la clairvoyance et l’observation discrète : c’est d’ailleurs le motif que je porte moi-même en chevalière, un rappel silencieux de regarder deux fois avant de juger.

L’abeille : de la royauté égyptienne à l’Empire napoléonien

L’abeille est, en Égypte ancienne, l’emblème de la Basse-Égypte, associé au titre royal « Celui du Jonc et de l’Abeille » qui unissait les deux royaumes. Mais c’est un autre épisode, bien plus tardif, qui a fixé l’abeille dans l’imaginaire joaillier français : la découverte, en 1653, de petites abeilles en or dans le tombeau du roi mérovingien Childéric Ier. Napoléon Bonaparte s’en empara pour en faire l’emblème de son manteau impérial et de ses armoiries, préférant ce symbole d’industrie et de continuité dynastique à la fleur de lys des Bourbons qu’il venait de renverser.

La panthère : l’élégance féline sculptée

Impossible de parler de bijoux animaliers sans évoquer la Panthère de Cartier, motif introduit dès 1914 par Louis Cartier et véritablement popularisé dans les années 1930 par Jeanne Toussaint, alors directrice de la joaillerie de la maison. La duchesse de Windsor en fit l’une de ses pièces signature, contribuant à ancrer la panthère comme symbole de puissance féminine assumée, loin de la docilité qu’on prête souvent aux bijoux figuratifs.

Le poisson : fertilité et protection sur le Nil

Moins connu, le poisson occupait pourtant une place à part dans la bijouterie égyptienne antique : porté en amulette, souvent en forme de tilapia (poisson du Nil), il était censé protéger de la noyade et favoriser la fertilité, le Nil étant la source de toute vie et de toute abondance pour la civilisation égyptienne. On en retrouve des versions stylisées jusque dans la joaillerie Art déco, qui a beaucoup puisé dans le répertoire égyptien après la découverte du tombeau de Toutânkhamon en 1922.

Pour approfondir l’histoire de ces symboles, la page Wikipédia consacrée à l’ouroboros retrace bien ses origines multiples, et le site du musée du Louvre permet d’explorer en ligne les collections égyptiennes qui ont inspiré tant de joailliers. Si ces symboles vous donnent envie de partir à la chasse à la pièce parfaite, direction notre rubrique bijoux & joaillerie pour apprendre à authentifier une trouvaille vintage.


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